Ils transforment un bunker de Tito en hôtel de luxe souterrain

Sous les montagnes du Monténégro, un ancien bunker construit par le maréchal Tito pendant la guerre froide est en train de vivre une seconde vie aussi luxueuse qu’inattendue. Ce projet audacieux transforme un vestige militaire en un hôtel haut de gamme, à des dizaines de mètres sous terre. Mais pourquoi un tel engouement pour un refuge de béton ? Et comment ce projet compte-t-il séduire une clientèle fortunée ?

Une forteresse oubliée des Balkans

Le bunker en question a été creusé au début des années 1970, à une profondeur de 30 mètres, près de la ville de Žabljak. Conçu pour résister à une attaque nucléaire, il pouvait abriter plus de 350 personnes et possédait ses propres réserves d’eau, d’électricité et de vivres. Longtemps classé secret-défense, le site est resté fermé jusqu’à sa redécouverte par un couple d’investisseurs monténégrins passionnés d’architecture brutaliste.

Le pari fou du luxe souterrain

Le chantier, lancé en 2022, mobilise des architectes spécialisés dans la transformation de structures militaires. Les premières chambres, creusées à même le roc, offriront des prestations haut de gamme : spa géothermique, salles de dégustation sans lumière naturelle pour une expérience sensorielle inédite, et même une salle de cinéma dans l’ancien centre de commandement.

“Nous voulons offrir une expérience unique, où le silence et la sécurité deviennent des luxes”, explique l’un des promoteurs.

Un tourisme d’élite… mais durable ?

Avec des tarifs qui devraient frôler les 1000 € la nuit, ce bunker-hôtel vise une clientèle fortunée en quête d’exclusivité. Mais les promoteurs insistent sur leur engagement écologique : matériaux recyclés, autonomie énergétique, réhabilitation sans déforestation. Ils souhaitent inscrire le projet dans une logique de slow tourism haut de gamme, loin des resorts traditionnels.

Un projet qui fait débat

Le projet ne fait toutefois pas l’unanimité. Des historiens dénoncent la transformation d’un lieu symbolique en attraction touristique, tandis que certains habitants s’inquiètent de la privatisation d’un patrimoine national.

“Tito aurait-il approuvé ?” titrent déjà certains médias locaux.

Une technologie de pointe pour l’époque

Le bunker, construit entre 1972 et 1979, était un exploit technologique pour son temps. Il disposait de systèmes de filtrage de l’air, de réservoirs d’eau de pluie, de centrales diesel et même de lignes téléphoniques cryptées qui reliaient directement Tito aux dirigeants militaires. Le tout, réparti sur près de 3 000 m², avec plus de 100 chambres. Les architectes actuels conservent certains éléments d’origine : lampes, portes blindées, murs doublés de plomb — intégrés à la décoration pour créer une ambiance rétro-futuriste unique.

Un business model inspiré de la Suisse et de la Norvège

Les promoteurs se sont inspirés de bunkers reconvertis en Suisse et en Norvège, où des abris de la guerre froide ont été transformés en musées, spas ou hôtels confidentiels.
Mais ici, le projet va plus loin : il s’agit de créer un luxe discret, taillé pour des séjours de retraite digitale ou de réflexion en groupe restreint.
La clientèle visée ? PDG, artistes, écrivains, adeptes de la déconnexion, attirés par l’idée de dormir dans un cocon sécurisé aux allures de sanctuaire post-apocalyptique.

Des réservations déjà ouvertes… en secret

Sans communication officielle, le site aurait déjà enregistré des dizaines de pré-réservations via un cercle restreint d’agents de voyage spécialisés dans le tourisme extrême ou confidentiel.
Une liste d’attente privée circule, avec des tarifs allant de 950 € la nuit à plus de 5 000 € pour des retraites privatisées de 3 jours.
Le lancement officiel est prévu pour fin 2025, mais les promoteurs espèrent rester sous les radars du tourisme de masse.

Un projet culturel et historique en parallèle

Pour apaiser les tensions autour de la “privatisation” d’un pan d’histoire, une partie du complexe sera transformée en musée.
Une galerie souterraine ouverte au public racontera l’histoire du bunker, des années Tito jusqu’à aujourd’hui, avec documents d’archives, témoignages d’anciens militaires et objets d’époque.
L’idée : préserver la mémoire tout en permettant une exploitation économique innovante.
Un projet d’art contemporain en immersion serait même à l’étude avec des artistes balkaniques.

4 commentaires sur “Ils transforment un bunker de Tito en hôtel de luxe souterrain

  1. Transformer un bunker en hôtel de luxe est audacieux, mais cela soulève des questions sur la mémoire collective et l’accès au patrimoine historique.

  2. Un hôtel dans un bunker ? Comme quoi, c’est pas en creusant qu’on trouve des pépites, mais parfois sous des tonnes de béton.

  3. Murad, c’est fascinant de voir comment un vestige militaire se transforme en luxe. Un défi culturel et écologique intéressant !

  4. Franchement, transformer un bunker en hôtel, c’est un peu trop si vous voulez mon avis. Où est la respect pour l’histoire ?

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