🏔️ Le train qui défie les montagnes : la ligne Belgrade-Bar, joyau oublié du rail européen

“Voyager en train, c’est traverser un pays les yeux grands ouverts.” — Paul Theroux

Dans un monde dominé par la vitesse et les vols low-cost, certains trajets ferroviaires résistent.
La ligne Belgrade-Bar en fait partie. Elle serpente à travers les montagnes serbes et monténégrines, franchissant 254 tunnels et 435 ponts sur 476 kilomètres d’un parcours vertigineux.

Construit dans les années 1970 sous la Yougoslavie de Tito, ce chef-d’œuvre d’ingénierie renaît aujourd’hui, à la croisée du tourisme durable, de la nostalgie soviétique et d’un réveil ferroviaire européen.

📊 Chiffres clés

  • 476 km de parcours entre la Serbie et la mer Adriatique
  • 1032 mètres d’altitude : point culminant au col de Kolašin
  • 2 000 ouvriers mobilisés lors de sa construction
  • 40 ans de service avant sa modernisation en 2023

Une prouesse d’ingénierie

La ligne, débutée en 1952 et inaugurée en 1976, fut pensée comme un lien stratégique entre l’intérieur des terres et le port monténégrin de Bar.
Pendant des décennies, elle a permis le transport de marchandises… et de rêves.
Mais sa construction a coûté la vie à plus de 200 travailleurs, dont les noms figurent sur un monument à Užice.

“C’est un monument de béton et de courage” — Dragan, conducteur de locomotive depuis 32 ans

Le viaduc de Mala Rijeka : vertige garanti

Parmi les ouvrages les plus spectaculaires figure le pont de Mala Rijeka, perché à 200 mètres au-dessus du sol.
C’est le plus haut pont ferroviaire d’Europe. Lorsqu’on le traverse, le silence se fait dans le wagon.
Même les plus aguerris retiennent leur souffle.

L’expérience touristique du XXIe siècle

Depuis 2023, les autorités serbes et monténégrines ont lancé un plan de rénovation avec l’aide de la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement).

Des wagons rénovés, des billets numériques, et surtout : une communication repensée pour le tourisme.

🎟️ Tarif : 24 € pour 12 heures de voyage
🚆 Départs chaque jour de Belgrade Topčider à 9h00

Les touristes, surtout allemands, français et néerlandais, viennent vivre une odyssée “slow travel” entre vallées escarpées, forêts et villages oubliés.

💬 Témoignages de bord

“On ne prend pas ce train pour aller vite. On le prend pour ressentir le pays.” — Marie, 31 ans, voyageuse française
“Je n’ai pas sorti mon téléphone pendant 5 heures. J’étais scotché à la vitre.” — Johan, photographe hollandais

Entre nostalgie et géopolitique

Pour beaucoup, la ligne est un symbole de l’ancienne Yougoslavie.
Chaque gare évoque un pan d’histoire. À Podgorica, on croise des retraités qui se souviennent des wagons soviétiques. À Bijelo Polje, les chants yougoslaves résonnent encore.

Mais la ligne pourrait aussi devenir un axe stratégique pour les échanges Serbie–Chine dans le cadre de la “Nouvelle route de la soie”.

Un impact écologique modéré

À l’heure où les vols courts sont décriés pour leur empreinte carbone, cette ligne représente une alternative vertueuse.
Elle dessert des parcs nationaux, permet l’accès sans voiture à des zones isolées, et limite la pression touristique sur la côte monténégrine.

Selon un rapport de l’université de Belgrade, un aller-retour Belgrade-Bar en train émet 85 % de CO₂ en moins qu’un vol Belgrade–Podgorica.

Les défis à surmonter

Malgré sa beauté, la ligne souffre encore de retards fréquents, d’un manque d’entretien sur certaines portions, et d’une signalisation vieillissante.

La section entre Užice et Prijepolje nécessite une réfection complète, estimée à 60 millions d’euros.
Les autorités locales plaident pour une labellisation “Itinéraire culturel européen”.

Arrivé en gare

La ligne Belgrade-Bar est bien plus qu’un train.
C’est un voyage dans le temps, dans l’espace, dans la mémoire collective des Balkans.
Elle offre un lien entre le passé industriel, le présent touristique et un futur durable.

“Sur cette ligne, chaque tunnel est une épreuve, chaque pont une victoire.” — extrait du discours d’inauguration, 1976

Pour aller plus loin

  • 📺 Balkan Express – Documentaire Arte, 2022
  • 📚 Rails Balkaniques, de Jean-Luc Lemaitre – récit de voyage ferroviaire
  • 📷 Instagram @balkanrailway – photos quotidiennes du trajet

5 commentaires sur “🏔️ Le train qui défie les montagnes : la ligne Belgrade-Bar, joyau oublié du rail européen

  1. Cette ligne de train est vraiment fascinante ! Elle permet de découvrir des paysages magnifiques tout en préservant notre planète. Un vrai voyage à vivre.

  2. Prendre ce train, c’est comme plonger dans un roman de science-fiction, avec des paysages qui vous racontent une histoire à chaque virage. Qui a dit que le voyage était ennuyeux?

  3. Murad, cet article met en lumière un trésor ferroviaire ! La ligne Belgrade-Bar semble allier histoire et éco-tourisme. Fascinant !

  4. Franchement, je vois pas l’interet de ce trajet. Des tunnels et des ponts, ok, mais c’est long et fatiguant. Pas pour moi.

  5. Murad, cet article m’inspire profondément. Voyager en train, c’est découvrir la beauté des paysages tout en respectant notre planète. Merci pour cette pépite !

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