Nichée entre les eaux turquoise de l’Adriatique et les montagnes escarpées de la côte dalmate, la péninsule de Pelješac semble suspendue hors du temps. Peu connue des circuits touristiques classiques, elle dévoile ses trésors à ceux qui prennent le temps de s’y aventurer. Entre plages secrètes, vignobles centenaires et villages figés dans l’histoire, ce bout de terre croate réserve bien des surprises.
Une route sinueuse vers l’authenticité
Il faut s’éloigner des foules de Dubrovnik, franchir le pont de Pelješac – inauguré en 2022 pour relier la péninsule au reste de la Croatie sans passer par la Bosnie-Herzégovine – et s’enfoncer dans une nature sauvage où le maquis côtoie les cyprès.
« Dès les premiers kilomètres, j’ai eu l’impression de remonter le temps », raconte Élodie, une voyageuse française tombée amoureuse de la région. « Pas de grands hôtels, pas de centres commerciaux. Juste des villages, des vignes et la mer. »
La route serpente à travers les collines, offrant des panoramas spectaculaires sur les îles de Korčula et Mljet. Chaque virage révèle une nouvelle crique, un clocher solitaire ou un champ d’oliviers baigné de lumière.
Des plages oubliées, aux eaux irréelles
Contrairement à d’autres régions de la côte croate, Pelješac abrite encore des plages préservées, loin des transats alignés. À Prapratno, une anse de sable fin s’enfonce doucement dans une mer d’un bleu laiteux. Plus loin, la plage de Divna – dont le nom signifie « magnifique » en croate – porte bien son nom : une étendue de galets blancs bordée de pins, face à une île inhabitée.
« On a nagé avec des poissons argentés, seuls au monde », se souvient Luka, un habitant de Ston qui organise des sorties en kayak. « Ici, même en plein été, on peut trouver son coin de paradis. »
Les amateurs de snorkeling trouvent leur bonheur dans les criques de Duba ou de Viganj, où l’eau cristalline révèle des fonds marins riches et colorés. Et pour les plus aventureux, certaines plages ne sont accessibles qu’à pied ou en bateau, comme celle de Žuljana, cachée derrière une forêt de pins.
Le vin comme héritage vivant
Pelješac n’est pas seulement une beauté naturelle : c’est aussi une terre de vin. Depuis l’époque des Romains, les collines ensoleillées sont cultivées avec passion. Le cépage roi ici, c’est le Plavac Mali, un raisin noir robuste, cousin du Zinfandel californien.
« Chaque bouteille raconte une histoire », affirme Ivan Milošević, vigneron à Dingač, l’un des terroirs les plus réputés de la péninsule. « Nos vignes poussent sur des pentes à 45 degrés, face à la mer. C’est un travail dur, mais le résultat est unique. »
Les domaines familiaux se visitent facilement, souvent sans rendez-vous. Dans les caves fraîches taillées dans la roche, on déguste des rouges puissants, des blancs minéraux et même des liqueurs locales comme le Prošek, un vin doux traditionnel.
Plus de 250 vignerons sont recensés sur la péninsule, et les vendanges – en septembre – donnent lieu à des fêtes populaires où musique, grillades et danses s’invitent jusque tard dans la nuit.
Ston, la forteresse de sel
À l’entrée de Pelješac, le village de Ston attire l’œil avec ses remparts qui serpentent sur les collines. Longs de 5,5 kilomètres, ils sont les plus grands d’Europe après la muraille de Chine. Construits au XIVe siècle pour protéger les précieuses salines, ils offrent aujourd’hui une promenade vertigineuse au-dessus des toits rouges.
« On produit du sel ici depuis plus de 2000 ans », explique Marija, guide locale. « C’est l’un des plus anciens salins encore en activité au monde. »
Le sel de Ston, récolté à la main dans des bassins géométriques, est réputé pour sa pureté. Il est vendu dans de petits sachets artisanaux, souvent accompagnés d’herbes locales ou de truffe croate.
Juste à côté, Mali Ston – le « petit Ston » – est un paradis pour les amateurs d’huîtres. Élevées en pleine mer, elles sont dégustées fraîches, arrosées de citron et accompagnées d’un verre de vin blanc local.
Des traditions qui résistent au temps
Au-delà des paysages, c’est l’âme de Pelješac qui séduit. Dans les villages de Trpanj, Orebić ou Janjina, on croise des pêcheurs réparant leurs filets, des femmes vendant des figues séchées et des enfants jouant sous les palmiers.
« Ici, tout le monde se connaît », sourit Katarina, propriétaire d’une konoba, ces auberges familiales où l’on sert du poisson grillé, du fromage de brebis et du pain fait maison. « On vit au rythme des saisons, de la mer et des vendanges. »
Les traditions sont encore bien vivantes : fêtes religieuses, chants dalmates, danses folkloriques. Chaque été, des festivals animent les places des villages, mêlant théâtre, musique et gastronomie.
Même l’artisanat local perdure : poteries, bijoux en corail, broderies… Autant de souvenirs authentiques à rapporter.
Une porte vers les îles et l’ailleurs
Pelješac n’est pas une fin en soi. Elle est aussi une passerelle vers d’autres merveilles. Depuis Orebić, des ferries réguliers rejoignent l’île de Korčula, surnommée la « petite Dubrovnik » pour sa vieille ville fortifiée.
Les plus téméraires peuvent aussi embarquer vers Mljet, l’île-parc national aux lacs salés et aux monastères oubliés. Ou encore explorer les montagnes de Biokovo, visibles par temps clair depuis les hauteurs de la péninsule.
Mais nombreux sont ceux qui choisissent de rester. De s’attarder. De ralentir.
« J’étais venue pour trois jours, je suis restée trois semaines », confie Sophie, une voyageuse belge. « Il y a ici une forme de paix qu’on ne trouve plus ailleurs. »
Et si Pelješac était justement ce que l’on cherche sans le savoir ?
Ici, tout est plus lent, plus simple, plus vrai.
L’auteur a utilisé l’intelligence artificielle pour approfondir cet article.

Originaire de Pristina, Fevza est une experte en géopolitique ayant travaillé avec plusieurs ONG internationales. Son expertise dans les relations internationales et les enjeux migratoires offre une perspective unique sur les dynamiques transfrontalières des Balkans.





