Les beignets sucrés/salés et leur rôle dans les traditions familiales bosniaques

Les beignets sucrés/salés et leur rôle dans les traditions familiales bosniaques

Il est 5h du matin dans une petite maison de Mostar. La cuisine embaume déjà le parfum chaud de la pâte frite. Une grand-mère, les mains couvertes de farine, dépose un à un des beignets dorés sur un torchon propre. Autour d’elle, les enfants se réveillent, attirés par l’odeur familière. Ce rituel, répété depuis des générations, va bien au-delà d’un simple petit-déjeuner.

Une tradition tissée dans la pâte

En Bosnie-Herzégovine, les beignets — appelés uštipci ou peksimeti selon les régions — ne sont pas qu’une gourmandise. Ils sont une mémoire vivante, un lien invisible entre les générations.

“Ma mère les faisait chaque dimanche matin, sans exception. C’était notre moment à nous, avant même que le soleil ne se lève”, se souvient Adela, 42 ans, originaire de Sarajevo.

Ces beignets, sucrés ou salés selon les occasions, sont souvent les premiers mets que l’on apprend à cuisiner en famille. La recette n’est jamais vraiment écrite. Elle se transmet à voix basse, à travers les gestes, les regards, les mains guidées par d’autres mains.

Selon une étude menée par l’Université de Tuzla en 2021, 78 % des familles interrogées ont déclaré préparer des beignets au moins une fois par mois, souvent lors de réunions familiales ou de fêtes religieuses.

Sucré ou salé : un choix qui raconte une histoire

Dans certaines régions de Bosnie, les beignets sont servis avec du fromage frais, du kajmak (une crème fermentée typique) ou des œufs brouillés. Ailleurs, on les saupoudre de sucre glace, on les trempe dans du miel ou de la confiture maison.

“Chez nous, c’était toujours salé, avec du fromage de brebis. Ma grand-mère disait que le sucre, c’était pour les jours de fête”, raconte Emir, 29 ans, de Banja Luka.

Cette dualité entre sucré et salé reflète souvent l’histoire familiale, les origines rurales ou urbaines, les influences ottomanes ou austro-hongroises. Dans les zones plus montagnardes, les beignets salés sont plus fréquents, nourrissants et simples. Dans les villes, les versions sucrées ont gagné du terrain, influencées par les pâtisseries européennes.

La façon dont on mange le beignet en dit long sur les racines de chacun.

Le beignet comme symbole de résilience

Pendant la guerre de Bosnie dans les années 1990, les beignets ont joué un rôle inattendu. Dans un pays en ruines, où la nourriture se faisait rare, la pâte à beignets — faite de farine, d’eau et de levure — est devenue une solution de survie.

“Ma mère les faisait avec ce qu’elle trouvait. Parfois sans œufs, parfois sans levure. Mais il y avait toujours quelque chose à manger. Et ça nous réchauffait le cœur”, confie Jasmina, aujourd’hui réfugiée à Vienne.

Les beignets ont alors pris une dimension presque sacrée. Ils étaient un rappel de la normalité dans un monde qui ne l’était plus. Un acte de résistance douce, fait de farine et d’huile chaude.

Encore aujourd’hui, certaines familles préparent des beignets lors des commémorations, comme un hommage silencieux à ceux qui ont traversé l’horreur avec dignité.

Les fêtes ne sont pas les mêmes sans eux

Mariages, naissances, fêtes religieuses comme Bajram ou Noël orthodoxe : les beignets sont toujours là. Ils trônent sur les tables, dorés et gonflés, entourés de plats plus élaborés.

“Quand ma sœur s’est mariée, ma mère a passé la nuit à faire des beignets. Elle disait que c’était pour porter bonheur au couple”, raconte Nermin, 35 ans, de Zenica.

Dans certaines familles, les beignets sont même offerts aux invités en partant, enveloppés dans un torchon brodé. Un geste simple, mais chargé de symboles : celui de transmettre un peu de chaleur, un peu de maison.

Selon un sondage réalisé en 2023 par l’agence locale Dnevni Fokus, 64 % des Bosniens associent les beignets à des souvenirs festifs de leur enfance.

Une recette qui traverse les frontières

La diaspora bosniaque, présente dans toute l’Europe, a emporté avec elle cette tradition. À Berlin, Malmö ou Lyon, les beignets continuent de crépiter dans les cuisines.

“Je les fais tous les samedis pour mes enfants. C’est ma façon de leur parler de la Bosnie, de leur grand-mère, de ce qu’on a laissé derrière nous”, explique Sanela, installée en Belgique depuis 2001.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos de recettes de beignets bosniaques cumulent des centaines de milliers de vues. Des groupes Facebook rassemblent des milliers de membres autour de photos de leurs uštipci du week-end.

La recette évolue parfois, s’adapte aux produits locaux, mais l’esprit reste intact. Ce sont toujours ces mêmes gestes, ce même bruit de l’huile chaude, ce même sourire en coin quand le beignet gonfle parfaitement.

Le beignet, miroir de l’intime

Pourquoi un simple beignet suscite-t-il tant d’émotions ? Peut-être parce qu’il est l’un de ces rares aliments qui encapsule l’enfance, la famille, la survie et la fête en une seule bouchée.

“Quand je ferme les yeux et que je mange un beignet, je revois ma mère, je sens sa robe contre moi, j’entends sa voix. C’est plus qu’un goût, c’est une mémoire”, confie Lejla, 58 ans, les larmes aux yeux.

Dans un monde qui change vite, où les traditions s’effacent parfois, le beignet reste. Il résiste au temps, aux frontières, aux silences. Il est le fil discret qui relie les générations, les absents et les présents, les larmes et les rires.

Et si, au fond, ce n’était pas la recette qui comptait, mais ce qu’elle nous permet de transmettre ?

Il suffit parfois d’un beignet, chaud et croustillant, pour se souvenir de qui nous sommes.

L’auteur a utilisé l’intelligence artificielle pour approfondir cet article.

7 commentaires sur “Les beignets sucrés/salés et leur rôle dans les traditions familiales bosniaques

  1. Les beignets retracent une histoire émouvante et unissent les familles. C’est plus qu’une recette, c’est un souvenir précieux, un geste d’amour.

  2. Je ne savais pas que des beignets pouvaient être un si gros deal émotionnel. Ça m’a donné envie d’en faire un juste pour le fun !

  3. Fevza, votre article sur les beignets bosniaques est touchant ! Cela montre à quel point la cuisine peut tisser des liens entre les générations.

  4. C’est beau, mais c’est un peu trop idéaliste, non ? Les beignets, c’est cool, mais la vie est pas toujours si douce.

  5. Fevza, votre article sur les beignets bosniaques résonne avec nostalgie et couleur. Il évoque des souvenirs précieux, un vrai trésor culturel.

  6. J’adore l’idée que les beignets ne sont pas seulement des douceurs, mais aussi des souvenirs de famille. Cela me rappelle mes propres traditions!

  7. Les beignets, c’est plus qu’un goût. C’est un lien, un souvenir, une tradition. Ils nous rappellent qui nous sommes. Continuez de transmettre ces belles histoires !

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