Cette grotte albanaise serait un ancien observatoire céleste oublié

Cette grotte albanaise serait un ancien observatoire céleste oublié

Il faut marcher longtemps à travers les collines pelées du sud de l’Albanie avant d’apercevoir l’entrée sombre et béante de la grotte de Gjipe. Nichée entre mer et montagne, elle semble n’être qu’un refuge naturel, battu par les vents et l’écume. Mais certains chercheurs affirment aujourd’hui qu’elle pourrait avoir été bien plus que cela. Un lieu de culte ? Un sanctuaire oublié ? Ou, plus surprenant encore… un ancien observatoire céleste.

Une découverte inattendue dans les profondeurs calcaires

Tout commence en 2022, lorsqu’un petit groupe d’archéologues albanais et français entreprend de cartographier les cavités naturelles de la région de Vlorë. En explorant la grotte de Gjipe, ils remarquent une série de marques gravées sur les parois, à première vue insignifiantes.

« On pensait d’abord à des graffiti récents ou à des traces de passage de bergers », raconte Elira Kodra, archéologue à l’université de Tirana. « Mais certaines incisions semblaient suivre un motif régulier, presque mathématique. »

Les chercheurs décident alors de scanner les parois à l’aide de technologies de photogrammétrie. Ce qu’ils découvrent va bouleverser leur hypothèse initiale.

Les gravures suivent des alignements précis en direction de points astronomiques clés : lever du soleil au solstice d’été, phases lunaires, et même certaines constellations visibles à l’œil nu entre avril et septembre.

Des marques vieilles de plus de 2 000 ans

Une datation par luminescence optique des dépôts calcaires autour des gravures révèle une ancienneté estimée entre 1 800 et 2 300 ans. Cela coïncide avec la période où les tribus illyriennes peuplaient la région, bien avant la domination romaine.

« C’est fascinant, car cela suggère que ces peuples, souvent considérés comme peu développés technologiquement, observaient déjà le ciel de façon structurée », explique Jean-Baptiste Morel, spécialiste en archéoastronomie au CNRS.

Les chercheurs identifient également une cavité latérale qui s’ouvre vers le nord-est, parfaitement alignée avec la position de l’étoile Véga durant l’équinoxe de printemps. Une coïncidence ? Peut-être. Mais la régularité des autres repères semble indiquer une intention claire.

Une acoustique troublante au service des rituels

La grotte ne livre pas seulement ses secrets visuels. En testant son acoustique, les chercheurs découvrent qu’un simple murmure à l’entrée peut être entendu très distinctement au fond de la cavité, à plus de 40 mètres.

« C’est comme si la grotte avait été sculptée pour amplifier le son », note Arian Dervishi, ingénieur du son qui a participé à l’étude. « Cela aurait pu servir lors de cérémonies religieuses ou d’observations nocturnes silencieuses. »

Des fragments de poteries, de torches en résine et de coquillages percés retrouvés sur place confirment que des humains ont occupé les lieux de façon régulière. Certains objets sont datés du IIIe siècle avant notre ère.

Un savoir astronomique oublié ?

Les Illyriens, ancêtres des Albanais modernes, sont souvent décrits comme des peuples guerriers et pastoraux. Pourtant, cette grotte pourrait remettre en cause cette vision simpliste.

« Nous avons toujours sous-estimé leur rapport au cosmos », estime Elira Kodra. « Mais ici, tout indique une compréhension empirique du ciel, transmise oralement de génération en génération. »

Les motifs gravés rappellent ceux retrouvés dans d’autres sites mégalithiques d’Europe, comme Stonehenge ou le sanctuaire de Kokino en Macédoine du Nord. Mais à la différence de ces lieux à ciel ouvert, la grotte de Gjipe aurait permis une observation protégée, à l’abri des intempéries.

Une carte du ciel incrustée dans la roche ?

L’un des éléments les plus intrigants reste une paroi ornée de 28 points gravés, disposés en spirale. Selon Jean-Baptiste Morel, il pourrait s’agir d’un calendrier lunaire, utilisé pour suivre les cycles de la lune sur un mois.

« Ce n’est pas une simple décoration. C’est une carte fonctionnelle, une horloge cosmique gravée dans la pierre », affirme-t-il.

Des simulations numériques ont montré que la lumière du soleil, à certaines dates précises, atteint ces points et les illumine successivement. Un phénomène qui ne peut pas être accidentel.

Un site à protéger avant qu’il ne soit trop tard

Aujourd’hui, la grotte de Gjipe est surtout connue des randonneurs et des touristes en quête d’aventure. Mais cette fréquentation croissante met en péril les fragile vestiges qu’elle abrite.

« Il n’y a aucune protection officielle. Les gens y font du feu, laissent des déchets, grimpent sur les parois », déplore Elira Kodra.

Un dossier a été déposé pour inscrire le site au patrimoine culturel albanais, avec l’espoir qu’il soit un jour reconnu par l’UNESCO. En attendant, les chercheurs poursuivent leurs relevés, espérant percer d’autres mystères.

Et si cette grotte, oubliée pendant des siècles, était en réalité l’un des plus anciens observatoires célestes d’Europe ? Une question qui, pour l’instant, reste suspendue entre les ombres et les étoiles.

L’auteur a utilisé l’intelligence artificielle pour approfondir cet article.

4 commentaires sur “Cette grotte albanaise serait un ancien observatoire céleste oublié

  1. C’est incroyable de découvrir qu’une grotte puisse révéler un savoir ancien. La préservation de ce site est essentielle pour notre héritage.

  2. Une grotte qui pourrait avoir été un observatoire céleste ? C’est fascinant ! Imaginez les Illyriens scrutant les étoiles. Ça donne envie d’y faire une randonnée, non ?

  3. Fevza, cet article sur la grotte de Gjipe est fascinant ! Qui aurait cru que l’histoire cachait un observatoire céleste ? Bravo pour cette découverte !

  4. C’est fascinant tout ça, mais j’suis septique. Les gens s’en foutent de ces découvertes, la plupart préfèrent des selfies que d’écouter l’histoire.

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